compte rendu du crpa du 04 octobre 2016

COMPTE-RENDU DU CCRPA DU 4 OCTOBRE 2016
THEMATIQUE : LA CITOYENNETE
MISE EN MOUVEMENT : PREMIERES PISTES DE DEFINITION
 
Chacun se déplace dans l’espace, en cherchant à l’occuper au maximum, et se fige au signal de l’animateur pour exprimer, sous forme de statue, ce que représente pour soi le fait d’être citoyen, les droits en tant que citoyen, le fait de se sentir citoyen, et les devoirs en tant que citoyen.
 
 
Production des personnes :  être citoyen => la liberté, tendre la main/s’entraider, la justice… ;  les droits => la liberté d’être différent, de s’exprimer, de protester, de voter, d’exercer son métier, de se déplacer, de vivre en France.  se sentir citoyen => voter, lire, écrire, s’exprimer, habiter ;  les devoirs => payer ses impôts, respecter les lois, respecter les autres, faire attention aux personnes les plus démunies, « chacun ses principes, ses valeurs, mais au final on aura peut-être des points communs », respecter l’expression des croyances et des opinions de tous.
 
 
SEQUENCE 1 : QUE PARTAGEONS-NOUS ? QU’EST-CE QUI NOUS LIE ? 
 
Exprimer ce que nous partageons, à deux, puis 4, puis l’exprimer sous forme de saynètes.
 
Saynètes en groupes :   Groupe 1 : le vivre-ensemble,  Groupe 2 : liberté, égalité, fraternité,
 
 Groupe 3 : le respect de l’autre,  Groupe 4 : se serrer les coudes,  Groupe 5 : la liberté d’expression et la justice,  Groupe 6 : la colocation, le partage de l’habitat et de la vie quotidienne,  Groupe 7 : le partage de la route, de l’espace public, le respect de ce qui nous environne.
 
 
 
Echanges/commentaires suite aux saynètes :   Quand on échange entre nous, on en revient toujours à la même chose. Il faut que plus d’institutionnels différents et de professionnels d’autres milieux soient présents.  Nos droits (santé, éducation, logement) sont tellement intégrés à notre quotidien qu’on y fait même plus attention. On les considère comme des acquis, comme un fait normal, alors que ce n’est pas le cas. Pour ceux qui viennent de pays dans lesquels les droits de l’Homme sont bafoués, la situation en France est miraculeuse. Il faut donc que nous fassions très attention à nos droits.  Comme pour le permis de conduite, il faudrait faire des stages pour apprendre à être citoyen, à respecter les autres. Défaut de confiance => maltraitance dans l’espace public (nécessité de montrer la carte qui prouve la reconnaissance de son handicap pour être bien traité et accéder aux droits qui en découlent : file d’attente…).  La citoyenneté est une question d’éducation. Les droits sont connus mais les devoirs sont très mal connus.  Les droits et les devoirs existent mais leur mise en œuvre au quotidien est plus compliquée.
 
 
SEQUENCE 2 : PEUT-ON AGIR DANS LES ESPACES COMMUNS ? COMMENT ?
 
Pour chaque question, se positionner sur « je veux et je peux » ou « je veux mais ne peux pas » ou « je peux mais ne veux pas » ou « je ne peux pas et ne veux pas ».
 
 Est-ce que je veux/peux participer à un une fête dans mon quartier/mon village ?  Une grande majorité de personnes s’est positionnée sur « je peux et je veux ». « Je peux mais ne veux pas » : frein individuel : Je suis solitaire, je n’ai pas forcément envie d’aller voir les autres; c'est tous les mêmes qui cuisinent et qui mangent. « Je ne peux pas et ne veux pas » : frein extérieur : le manque de temps.
 
 Est-ce que je veux/peux m’investir dans une association ?  Un tiers des personnes s’est positionnée sur « je veux mais ne peux pas », faute de temps, d’organisation, d’imprévu (frein extérieur) ou car c’est une grande responsabilité et ça demande un engagement sur le long terme (frein individuel). Deux tiers s’est positionnée sur « je veux et je peux ». Par quels moyens ? Ces personnes s’investissent dans des associations intervenant auprès des personnes sans domicile fixe, ayant vécu leur situation et souhaitant aider, d’autres auprès de leur communauté religieuse (dons à la mosquée : argent, temps…). D’autres enfin s’investissent beaucoup au sein des Conseils de Vie Sociaux (CVS), ou encore dans une association de randonneurs. « Je peux mais ne veux pas » : frein individuel : En travaillant déjà beaucoup comme travailleur social, ne plus pouvoir donner du temps à d’autres initiatives associatives.
 
Saynètes en groupes. Est-ce qu’on peut s’investir dans la vie de son village/quartier ? Comment ? 
 
 Groupe 1 : « je veux mais ne peux pas » (freins extérieurs) : l’absence de temps, la solitude, un état de santé qui ne le permet pas.   Groupe 2 : « je ne peux pas et ne veux pas » (freins extérieurs et individuels) : le rejet par certaines instances fermées et qui ont construit leurs règles sans nous, la difficulté à s’intégrer à un groupe, l’absence d’envie de s’impliquer, la difficulté de s’impliquer du fait du lieu d’habitation (distance, manque de moyens de mobilité). (Discussion en off: manque de lien avec le gens du quartier, remarque sur le manque de communauté dans le quartier; dans certain milieu associatif, les idees sont pas bienvenus; je ne connais personne)
 
 
 Groupe 3 : « je peux mais ne veux pas » (freins individuels) : incivilités, indifférence des autres qui font qu’on n’a pas envie de s’investir.  Groupe 4 : « je veux et je peux » (moyens) : Aller aider les personnes en danger dans son quartier. Repérer le potentiel des jeunes pour les impliquer dans des associations par le sport. Participer aux conseils de quartier ce qui permet d’accéder à des subventions pour monter des projets entre habitants pour développer le quartier, créer du lien social, inclure les habitants.
 
Echanges/commentaires suite aux saynètes :   L’inclusion des personnes accueillies/accompagnées par des structures dans leur quartier est d’autant plus difficile. C’est pour cela qu’il faut travailler à l’image et l’ouverture de la structure sur l’extérieur (ex : festival « Inclusion » de Pagode). 
 
SEQUENCE 3 : PEUT-ON EXPRIMER SON POUVOIR DE CITOYEN EN PESANT DANS LE PROCESSUS DEMOCRATIQUE ?
 
Se positionner sur « je veux et je peux » ou « je veux mais ne peux pas » ou « je peux mais ne veux pas » ou « je ne peux pas et ne veux pas ».
 
Est-ce que je veux/peux voter ?  « Je veux mais ne peux pas » : 2 personnes. Freins : la nationalité et la méconnaissance de ses droits.
 « Je ne veux pas et ne peux pas » : 2 personnes. Freins : la nationalité : si je choisis de voter en France je ne peux plus le faire dans mon pays d’origine (Espagne). Je n’ai pas de carte de vote mais ce n’est pas utile.  « Je peux mais ne veux pas » : un bon tiers des personnes. Freins : le manque d’exemplarité des élus, les promesses non tenues. L’obligation de voter pour une liste, ce qui ne permet pas de choisir les personnes.  « Je veux et je peux ». Raisons, arguments pour : voter pour mériter les aides sociales. Voter pour faire avancer les choses, pour les structures sociales et faire des projets, parce que sinon rien ne se fait. Les moyens : le vote ne concerne pas que les présidentielles, il y a des élections qui ont plus d’impact sur l’action publique, plus de résultats : les législatives, et dans les structures les Conseils de Vie Sociaux (CVS). On peut aussi aller voter au Prud’hommes => le vote au Prud’homme n’est plus possible, désormais les conseillers prud’homaux seront désignés par le Premier Ministre pour un mandat de 4 ans1.  Entre « je peux et je veux » et « je peux mais je ne veux pas ». Réserves : comment comptabilise-t-on le vote blanc ? Rester chez soi ne peut-il pas aussi être un acte citoyen pour montrer qu’on est en désaccord avec l’ensemble des choix proposés ? 
 
Exercice pour soi en petits groupes :  Des groupes de 5 ou 6 sont créés. La première partie c’est de faire un jeu théâtral où chacun joue une fois « j’ai quelque chose à dire mais je n’y arrive pas ». Echange dans le groupe sur les sensations, sur des expériences vécues que cette situation leur rappelle, des conseils.  Après, refaire la même chose mais en dépassant la limite de “j’ai quelque chose à vous dire”.
Echanges/commentaires en grands groupes :   En jouant le premier rôle, on ressent un malaise, et pour le deuxième rôle, quand on arrive à parler, un soulagement.   Le mal-être ne concerne pas que la personne qui n’arrive pas à parler, mais aussi les personnes du groupe qui ne savent pas comment réagir.  Importance de la communication : Les personnes n’ont rien dit dans le groupe pour accueillir. Et si on disait “Bonjour, bienvenu au groupe” - un geste serait déjà un grand pas.  « Je vous adore tous ».
 
SYNTHESE
 
Freins individuels :   la peur de ne pas être écouté  la difficulté à s’exprimer ; l’illettrisme, la peur de parler la langue du pays d’accueil  la difficulté à s’intégrer dans le groupe  la timidité, le manque de confiance
 
Freins extérieurs :   la mobilité : isolement géographique, le manque d’informations dans les zones rurale ; handicap
                                                         
 1 https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F1970
 l’isolement social  l’exclusion de certains groupes/instances par d’autres personnes  la mauvaise image de nos structures ; le manque de respect, le regard des autres  pour les réfugiés, l’absence de reconnaissance de leur statut de résident ou de régularisation du titre de séjour  la double nationalité, la situation administrative, les lois, l’injustice, qui ne permettent pas aux personnes qui n’ont pas la nationalité française de voter aux présidentielles, régionales et législatives, et qui interdisent toute possibilité de vote en France aux personnes dont le pays d’origine n’est pas membre de l’Union Européenne2  la nécessité de devoir faire plus que les autres, en fonction de sa situation  le fait de ne pas travailler  le fait d’être incarcéré  l’état d’urgence  la précarité  pour le droit aux aides sociales : les plafonds financiers, qui peuvent faire qu’à quelques euros près on n’obtient pas une aide sociale.  le manque de connaissance des droits et devoirs (date pour inscription sur les listes ?), des administrations  l’absence de soutien pour progresser  l’absence de soutien dans les démarches administratives, les refus de domiciliation
 
Les envies pour après :   envie de revenir au CCRPA  plus envie de partager son opinion avec d’autres personnes, car on se rend compte que d’autres peuvent partager notre opinion, et qu’on peut être écouté sans être jugé  plus aller vers les autres *3  s’investir auprès de son voisinage  créer des liens pour tenter de déstigmatiser (fête des voisins)  organiser des projets collectifs dans les CHRS  plus envie de militer  plus envie de s’engager auprès d’associations *4  envie de mieux connaître les lois  mieux informer les citoyens sur leurs droits et devoirs (via le CCRPA…)  envie d’ouvrir le CCRPA à un public plus large (habitants…)  faire la révolution  faire connaître le CCRPA  être reçu par des élus municipaux pour faire remonter les propositions concrètes du CCRPA  aider les personnes en difficulté  améliorer la situation des personnes à la rue (construire des centres d’hébergements, utiliser les containers)  envie d’aller voter (pour des personnes qui ne le faisaient pas avant)
                                                         
 2 NB : les ressortissants européens résidents en France peuvent participer aux élections municipales et législatives
 Impressions sur la journée :   « La convivialité »  « C’est important de faire comprendre aux gens l’utilité de ce type de journée »  « C’est bien de changer [d’animation] »  « J’ai beaucoup communiqué, échanger avec d’autres »  « Je suis ravi de joie »  « J’ai bien aimé la journée, impeccable, j’ai appris beaucoup de chose »  « J’ai été impressionné par le niveau de citoyenneté du groupe »  « Ça a changé mon regard sur la notion de citoyenneté »  « C’est chouette de ne pas savoir qui est qui »
 
LE PROCHAIN CCRPA 
 
Il s’agira d’un grand groupe de travail sur une journée pour préparer la fusion du CCRPA Bourgogne et du CCRPA Franche-Comté, définir les règles de fonctionnement et l’organisation du CCRPA Bourgogne-Franche-Comté.
 
Pour les prochains CCRPA :   Faire attention à demander si tout le monde parle bien français, et sinon à aider la personne à comprendre.  Pour les prochains CCRPA, se poser aussi la question des handicaps : comment inclure une personne malvoyante ? Ou sourde-muette ?
 
 
 
LE CALENDRIER
 
La prochaine plénière CCRPA aura lieu le 15 décembre à Dole (lieu d’accueil à définir).
 
COORDONNEES ET INFORMATIONS
 
 L’adresse du CCRPA Bourgogne : ccrpa.bourgogne@gmail.com
 
 Pour vous inscrire aux différents CCRPA ou groupe de travail merci de vous inscrire auprès de  - Gaëlle FRUCTUS ccrpa.bourgogne@gmail.com  ou gaelle.fructus@fnars.org - 03 85 21 36 36  - ou Christel FUSTER cfuster@armeedusalut.fr 
 
 Tous les documents sont sur le site internet du CCRPA http://www.ccpa-ccrpa.org/
 
 Le CCRPA sur le site de la DRDJSCS : http://www.bourgogne.drjscs.gouv.fr/-CCRPA-.html
 
 Si vous souhaitez vous rendre au CCPA à Paris, contactez Mme Katarzyna HALASA  par mail khalasa@armeedusalut.fr ou par téléphone au 01 43 62 25 50 / 06 28 96 62 18.

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